Déjà, au début du cybermonde, j’avais vraiment tardé à me faire un compte Facebook.
Je suis comme ça, je traine la patte quand le monde s’enthousiasme. Je n’y peux rien et n’ai jamais affirmé que ce fût une qualité. J’ai hiberné pendant les successives coupes du monde, je n’ai pas bronché au décès de Johnny, de Tapie, et n’ai aucune envie de voir Dune pour le moment, encore moins James Bond… Je suis peut-être snob, ça doit être ça… En revanche, j’attends les Jeux Olympiques avec impatience, comme quoi je suis récupérable !

De la même manière, lorsque FB a pris son envol planétaire (vers 2008, j’ai regardé sur Wikipédia pour être sûre…), tout le monde ne parlait que de ça. Partout. Tout le temps. Une révolution ! Une épidémie… J’entendais dire d’un air entendu : ouais, t’inquiète, j’vais te demander en ami sur FB ; Quoi!!! Qu’entends-je, on n’est pas ami sur FB, un truc de dingue !! Pour la promo de ta pièce je vais te dire un truc, il faut ab-so-lu-ment créer une page FB !!!
Bref, au bout d’un moment, j’ai eu la très nette impression de louper l’essentiel. Alors j’ai décidé de le prendre en marche, ce train qui filait à toute allure sans moi.
Quand j’ai enfin rejoint le wagon, je me suis rendu compte que chacun avait des milliers et des milliers d’amis, même ceux que j’imaginais solitaires.
Quel prodige ! Moi aussi, si timide, j’allais être de la partie ! Je me suis donc fait un compte.
Le temps a passé, mes amis (souvent inconnus) se sont accumulés. Et j’ai liké avec application des kyrielles de chatons qui tétaient leurs mamans, supporté vaillamment les manifestations d’autosatisfaction, les expertises politiques ou médicales dispensées par des non-experts. Mais l’apothéose concernait les décès : dès qu’un people trépassait, on avait droit à une ribambelle de photos bras dessus, bras dessous avec le mort en devenir… ! (Je précise que je fais du théâtre et que nombre d’entre nous côtoient des gens plus ou moins célèbres. C’est pour ça…) Bref, j’avais droit, comme vous tous, à de multiples manifestations d’autopromotion post-mortem assez passionnantes… Débordée par ces bouts de vie, de réflexions, de proclamations, j’ai fermé mon compte FB parce que marre de voir défiler toutes sortes d’informations (est-ce le mot exact ?) qui m’encombraient finalement.

Mais un jour, voilà, j’ai écrit un livre. En indépendante. Toute seule. Trop seule. Et j’ai eu à nouveau besoin des autres et par extension des réseaux sociaux – uniques moyens pour être visible. Il y a quelques semaines, je me suis donc ruée sur FB, et ai demandé toutes sortes d’amis possibles et inimaginables… puis bonne élève, je me suis inscrite dans des groupes d’auteurs.
Attention, je ne veux pas jeter la pierre aux groupes ! Certains sont des espaces chaleureux, animés par des gens bienveillants qui peuvent éventuellement lire et critiquer ton livre ! Bref qui s’intéressent à toi ! On y trouve des auteurs talentueux et une foule de renseignements super utiles. Mais chez d’autres (groupes), il n’y a visiblement plus de pilote dans l’avion. Sortes de vaisseaux fantômes où chaque auteur s’agite vainement. Tristement. ( Si mon article est un chouïa sinistre… toutes mes confuses…)
Je vous explique quand même le principe : nous sommes autoédités ou faisant partie de petites maisons d’édition, par conséquent, nous avons besoin de visibilité, c’est-à-dire des autres ! C’est ici qu’interviennent les groupes – sources de soutien, de conseils dispensés par des auteurs plus futés ou plus aguerris (parfois les deux). L’idée me paraissait excellente. Pleine d’espoir, je me suis présentée sur plusieurs groupes en publiant la photo de mon livre, le résumé, une petite bio quelquefois humoristique et j’ai constaté plusieurs comportements :
◆ Aucun.
◆ Des photos de romans accompagnées de résumés – fleuves (hyper longs) balancés par d’autres auteurs qui m’invitaient à acheter leur livre. Point barre.
◆ Quelques compliments sur la couverture, la plupart du temps formulés par les organisateurs du groupe…
◆ Aucun.

Bilan : Dans de nombreux cas : on ne m’a pas dit, ne serait-ce que, « bonjour ». On ne m’a pas posé de questions sur mon livre : le pourquoi, si j’avais peiné, si je comptais écrire encore. Du coup, je n’osais interroger les autres qui écrivaient dans la même catégorie que moi. De toute façon, dans ces espaces fantômes, dès qu’on bouge l’oreille, quelqu’un dégaine son livre !! C’est tout !
J’ai l’exemple d’un groupe destiné à trouver des salons du livre aux auteurs, mais jamais il n’est dit qu’il faut s’inscrire dans tel salon et à quelle date ! On apprend juste qu’un certain auteur en a fait un à Limoges il y a deux semaines. La chance… (En vrai, je suis jalouse…)
Ce matin, par exemple, j’ai aussi remarqué qu’un autre groupe déroulait une cascade de posts vantant leurs livres avec laïus travaillés à l’appui. Mais, visiblement, ne likait ni ne commentait jamais les publications des autres. Seuls dans le hangar. Du coup, j’ai posté en grosses lettres : « Houhou!! Y’a quelqu’un ici ?? » Une ribambelle d’auteurs, comme réveillés en sursaut au milieu de la nuit, se sont mis, sans s’intéresser à ma question, à dégainer sèchement leur promo en cascade, le tout accompagné d’un laïus copier-coller pour susciter mon envie alors que j’ai le même besoin qu’eux : me faire connaître – recevoir des conseils – vendre (mais pas à eux, logique…) Étrange… Du coup, j’ai compris pourquoi certains groupes refusaient l’auto-promotion… CQFD ! En revanche, à ma grande joie, certains (peu) avaient compris le sens de ma question. Les dépités.
En résumé, prenons les groupes d’auteurs pour ce qu’ils sont, un moyen de s’entraider, de se soutenir. Il en est des excellents où il y a une véritable écoute. On se lit, on se commente dans une belle émulation. Mais de grâce, organisateurs de groupes, ne disparaissez pas en pensant que votre communauté ne démerdera toute seule ! Une communauté, c’est une structure humaine, habitée par des personnes comme vous. Il faut lui donner envie, le soigner (ce que fait très bien « Lire, rêver et partager » ! Allez, je balance !! Et ce que ne fait malheureusement pas « …… » Non, je ne suis quand même pas une crevarde !!!!
Depuis, je ne suis plus « encombrée par les publication de chacun, je sais sélectionner. Et j’ai tout ou presque : une page FB, un profil, un Insta, un site… Et je kiffe, je parle, vous me parlez… J’ai enfin compris. Derrière les mots, la chair est là.
Grâce aux réseaux sociaux, on n’est plus tout seul à être seul au monde ! Et ça, ça fait vraiment plaisir !!!

Conclusion : sur les réseaux, c’est comme partout, si tu donnes pas, t’existes pas !!!

2 commentaires

  1. Chère Nathalie,
    la société humaine se transforme, imperceptiblement, inexorablement et parfois la sensation d’avoir à faire à un jardin de mioches insouciants me laisse dubitatif. Il est un autre temps où l’enfance se passait dehors à courir, à construire des cabanes, à s’ennuyer. Aujourd’hui un nouveau paradigme uniformise nos pensées, la majorité d’entre nous reçoit les mêmes informations, désire à peu près les mêmes choses, on peut connaître au nombre près combien on a “d’amis”, on peut échanger avec n’importe qui, de n’importe où… ou pas. On peut donner son avis sur tout et n’importe quoi. Peut-être que finalement tout ça est insignifiant. Je sais bien que tu te dis un peu la même chose. Alors peut-être que ce qui compte – c’est ce que je me dis- c’est de savoir identifier sa tribu, ceux qui envisagent le monde par le même prisme. Je ne parle pas de rassemblements d’individus de la toile, non, mais bien de ceux qui sont de la même famille, ceux qui ressentent pareil, vibrent pareil, sont animés d’une même foi. Ce qui serait merveilleux, ce serait que ces gens là puissent se dire, sans pudeur, qu’ils se sont reconnus, hélas souvent la dite pudeur empêche ce rapprochement, cette connivence. Alors on en reste là et puis voilà. Peut-être on ne peut pas toujours avouer cette affinité à tous ceux pour qui l’on ressent ce petit truc en plus. Et pourtant, ça ne mange pas de pain, c’est finalement sans conséquence. Alors voilà, tout ça pour dire que je lis tes points de vue, tes ressentiments ou tes espoirs et que mon intuition me dit, ben elle (toi), elle fait partie de ma bande, et ça me met en joie. Voilà… 😉❤️

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